La France, 4e puissance corallienne mondiale : ce que vous ignorez peut-être
La France, une puissance corallienne ?
Quand on pense aux récifs coralliens, on imagine spontanément l’Australie, les Maldives ou les Caraïbes. Rarement la France. Et pourtant, la France est la 4e puissance corallienne mondiale, avec près de 10% des récifs coralliens de la planète dans ses eaux territoriales. Un trésor souvent méconnu, même des Français eux-mêmes.
60 000 km² de récifs dans les eaux françaises
Ce chiffre surprend toujours : 60 000 kilomètres carrés de récifs coralliens se trouvent dans les territoires français d’outre-mer. Pour donner une idée de cette superficie, c’est l’équivalent de six fois la Corse.
Ces récifs ne se trouvent pas en métropole, les eaux atlantiques et méditerranéennes sont trop froides pour les coraux tropicaux mais dans les dizaines de départements et communautés d’outre-mer français, répartis aux quatre coins du globe.
Tour du monde des récifs coralliens français
Les Antilles françaises, Guadeloupe et Martinique, abritent plus de 1 000 kilomètres carrés de récifs entre les deux îles. Sans oublier Marie-Galante, Saint-Martin et Saint Barthélemy.
Mayotte, dans l’océan Indien, héberge l’un des plus beaux lagons du monde : 1 500 kilomètres carrés, avec une double barrière de corail. Une formation extrêmement rare, moins de 10 existent dans le monde entier. Plus de 300 espèces de coraux y ont été recensées.
La Nouvelle-Calédonie figure parmi les sites les plus remarquables de la planète, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son lagon de 24 000 kilomètres carrés est le deuxième plus grand au monde. Ses récifs barrières s’étendent sur 1 600 kilomètres, presque aussi longs que la Grande Barrière australienne, et abritent plus de 1 000 espèces de poissons.
La Polynésie française complète ce tableau avec 118 îles et atolls perdus dans le Pacifique. Les Tuamotu forment le plus grand ensemble d’atolls au monde, ces anneaux de corail qui émergent à peine au-dessus de l’eau.
Pourquoi pas de coraux en métropole ?
Les récifs coralliens tropicaux ont besoin d’eau chaude, entre 21 et 29 degrés toute l’année et de lumière. Ils vivent en symbiose avec une algue microscopique, la zooxanthelle, qui réalise la photosynthèse dans les cellules du polype corallien et lui fournit entre 70 et 90% de ses nutriments.
C’est pour cette raison que les récifs tropicaux se concentrent dans une bande étroite autour de l’équateur, entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Les eaux françaises métropolitaines sont trop froides pour permettre leur développement.
Il existe bien des coraux en Méditerranée et en Atlantique, mais ce sont des coraux d’eau froide, différents dans leur structure et leur rôle écologique.
Une richesse menacée
Ces 10% de récifs mondiaux sous pavillon français représentent une responsabilité immense. Plus de 50% des récifs coralliens de la planète ont déjà disparu. D’ici 2050, si rien ne change, la quasi-totalité pourrait avoir disparu.
C’est face à cette urgence que The Coral Planters, association française basée à Hossegor, travaille à la restauration des récifs coralliens dans le monde entier, y compris dans les territoires français d’outre-mer comme Marie-Galante en Guadeloupe.
