Mozambique : bilan d'un an de restauration corallienne dans la baie de Nacala
Un an de restauration corallienne au Mozambique : ce qu'on a trouvé
Le Mozambique, c’est 2 000 kilomètres de côte qui donnent sur l’océan Indien.
Quelque part au nord de ce littoral, dans la baie de Nacala, The Coral Planters a lancé en 2025 un projet de restauration corallienne avec le Mulala Marine Sanctuary.
Un an plus tard, Sébastien Stradal, fondateur de l’association et biologiste marin, est retourné sur place pour faire le bilan.
Pourquoi restaurer les récifs coralliens ?
Les récifs coralliens couvrent moins de 1% des fonds marins, mais ils abritent 25% de toute la biodiversité marine. Un milliard de personnes en dépendent pour se nourrir. 200 millions comptent sur eux pour se protéger de l’érosion côtière. Ils génèrent 375 milliards de dollars par an en services écosystémiques.
Une colonie corallienne peut mettre des siècles à se construire. Une tempête, une élévation de température de quelques degrés, un filet de pêche, une ancre de bateau peuvent la détruire en quelques heures.
La restauration corallienne ne sauvera pas seule les récifs. Mais elle donne un coup de pouce à la nature, en replantant des coraux issus de colonies saines sur des zones dégradées.
Comment on se retrouve à travailler au Mozambique ?
Le monde de la restauration corallienne est finalement assez petit. Des acteurs, il y en a des centaines. Mais des projets qui aboutissent vraiment, il y en a peu.
The Coral Planters fonctionne toujours avec des partenaires locaux : associations, centres de plongée, équipes terrain. Des gens directement impactés par la dégradation de ce qu’ils ont sous les yeux. Ils ont les infrastructures, la volonté d’agir.
Ce qui leur manque souvent, c’est l’expertise scientifique.
C’est cette synergie qui a donné naissance au projet Mozambique, en partenariat avec Amanda, Johannes et leur équipe du Mulala Marine Sanctuary, une aire marine protégée d’1 km² dans la baie de Nacala, qui intègre mangroves, herbiers marins et zone récifale.
Les nurseries coralliennes : une spécificité du Mozambique
Au Mozambique, The Coral Planters utilise une technique qu’on ne retrouve sur aucun autre de ses sites : les nurseries coralliennes.
La raison ? Les récifs y sont tellement dégradés qu’il reste trop peu de colonies saines pour prélever des fragments directement. Alors on cultive d’abord les fragments en nurserie, dans des conditions optimales, avant de les replanter sur lesstructures.
Résultat : 7 nurseries en excellent état après un an, avec une bonne santé générale et une dizaine d’espèces représentées.
Le bilan après un an : encourageant, mais complexe
Les nurseries se portent bien. Les 87 structures pyramidales, elles, racontent une histoire plus nuancée. L’eau de la baie de Nacala est particulièrement sédimenteuse.
Les algues colonisent certaines structures plus vite que prévu. La maintenance doit être plus rigoureuse.
Sur 87 structures, 35 ont pu être entièrement nettoyées et restaurées lors de la mission. Une quarantaine nécessitent encore une intervention.
Ce bilan honnête est la force de The Coral Planters : la restauration corallienne n’est pas linéaire. C’est un apprentissage permanent.
Un projet qui va bien au-delà des coraux
Le Mulala Marine Sanctuary développe en parallèle des projets de restauration des mangroves et des fermes de concombres de mer avec les pêcheurs locaux, pour leur offrir des alternatives alimentaires durables. Parce que protéger un récif, c’est aussi protéger les hommes et les femmes qui en vivent.
