Pourquoi les récifs coralliens disparaissent : les 4 grandes menaces
50% des récifs coralliens ont déjà disparu. Pourquoi ?
Les récifs coralliens ont traversé des millions d’années d’évolution, de tempêtes et de bouleversements climatiques. Ils ont survécu à des événements que l’humanité n’a jamais connus. Et pourtant, en quelques décennies, plus de 50% d’entre eux ont disparu.
Qu’est-ce qui se passe vraiment ?
Comprendre le blanchissement corallien
Avant de parler des menaces, il faut comprendre comment le corail réagit au stress.
Le corail vit en symbiose avec une algue microscopique, la zooxanthelle, qui vit dans ses cellules et lui fournit entre 70 et 90% de ses nutriments via la photosynthèse.
C’est cette algue qui donne au corail ses couleurs.
Quand le corail est stressé par un facteur extérieur, il expulse cette algue. Il devient blanc, c’est le blanchissement. À ce stade, il est encore vivant. Mais sans son algue, il se meurt lentement. Si le stress dure trop longtemps, le corail meurt et prend une couleur grisâtre.
Menace n°1 : le réchauffement climatique et l'acidification des océans
C’est la menace la plus dévastatrice. Les coraux tropicaux vivent entre 21 et 29 degrés. Au-delà, le risque de blanchissement est immédiat.
Les vagues de chaleur marine, de plus en plus fréquentes, intenses et longues à cause du réchauffement climatique et du phénomène El Niño, stressent les coraux sur de vastes superficies. Un récif peut mettre 10 à 15 ans à se régénérer après un épisode de blanchissement. Aujourd’hui, ces épisodes se succèdent tous les 2 à 5 ans.
Parallèlement, les océans absorbent environ 30% de nos émissions de CO2. Ce CO2 dissous forme de l’acide carbonique, qui acidifie progressivement l’eau. Or le corail construit son squelette en carbonate de calcium, qui se dissout dans une eau acide. Depuis l’ère préindustrielle, l’acidité des océans a augmenté de 26%.
Menace n°2 : la surpêche
Les récifs coralliens sont des écosystèmes interdépendants. Les poissons herbivores mangent les algues qui colonisent les coraux. Sans eux, les algues envahissent le récif et l’étouffent.
Quand on surpêche ces espèces, on retire des maillons essentiels de la chaîne. Au Mozambique, où The Coral Planters travaille, les pêcheurs locaux ne ramènent plus que des juvéniles parce qu’il n’y a plus de poissons adultes. S’y ajoutent les pratiques destructrices : pêche à la dynamite, filets traînants, pêche au cyanure. Moins il y a de poissons, plus ces pratiques ont tendance à se développer. Un cercle vicieux.
Menace n°3 : la pollution
Quatre types de pollution affectent les récifs :
- La pollution chimique : engrais et pesticides agricoles qui ruissellent jusqu’à la mer, provoquant une prolifération d’algues qui asphyxient les coraux.
- La pollution plastique : macro-déchets qui s’accrochent aux coraux, et microplastiques que les coraux ingèrent en croyant se nourrir.
- La pollution sonore : le trafic maritime, les forages offshore perturbent la faune marine qui s’oriente et communique par le son.
- La pollution lumineuse : les éclairages artificiels désorganisent les cycles naturels, notamment les pontes coralliennes qui se déclenchent selon la luminosité de la lune.
Menace n°4 : le tourisme et l'activité humaine directe
Ancres de bateaux, palmes de plongeurs, pieds de touristes, développement côtier qui détruit les mangroves et les herbiers… Le tourisme exerce une pression directe sur les récifs, souvent par méconnaissance plus que par malveillance.
C’est pourquoi la sensibilisation va de pair avec la restauration.
Alors, que peut-on faire ?
Si le réchauffement climatique est la menace principale, et la seule pour laquelle la restauration corallienne seule ne peut rien, les autres menaces peuvent être combattues localement.
Mais si l’eau continue à se réchauffer, la restauration corallienne restera ce qu’elle est : un combat de terrain, précieux, nécessaire, mais trop petit face à l’échelle mondiale du problème. Ce qu’il faut, c’est autre chose. À une autre échelle.
